Araignée dans la maison : quelle espèce, est-ce dangereux, que faire ?

Araignée dans la maison : quelle espèce, est-ce dangereux, que faire ?

Catégories : Insecte

Une toile dans l’angle de la cave, une grande silhouette poilue qui traverse le salon un soir d’octobre : voir une araignée dans la maison pousse presque toujours à la même question. Quelle est cette araignée, et faut-il s’inquiéter ? En France, la réponse est le plus souvent rassurante. Une vingtaine d’espèces sont courantes dans les habitations humaines, la plupart sont inoffensives pour l’humain et les morsures restent rares.

Cet article vous aide à identifier l’araignée que vous avez sous les yeux (noire, grosse ou petite), à évaluer le risque réel et à décider si une intervention est utile. Pour le cas précis d’une morsure, voir aussi notre guide sur la piqûre d’araignée : comment la reconnaître et que faire.

L’essentiel en 5 points

  • La plupart des araignées de maison (tégénaires, pholques, théridions) sont inoffensives pour l’humain.
  • Une étude sur 1 194 cas de morsures déclarés aux centres antipoison français (2007-2018) conclut que les morsures sont rares, peu graves et souvent non confirmées (20 % seulement prouvées).
  • On en voit davantage à l’automne : les mâles, arrivés à maturité, partent chercher une femelle.
  • La présence d’araignées ne dit rien de l’hygiène du logement ; une présence massive invite en revanche à chercher humidité, entrées et proies.
  • Un traitement n’est utile qu’en cas de population installée ou de local sensible ; sinon, capture et prévention suffisent.

Quelles araignées trouve-t-on dans une maison en France ?

Voici huit araignées que l’on peut rencontrer dans une maison en France, des plus banales aux plus rares. Les tailles indiquent la longueur du corps, pattes non comprises, et varient selon l’âge : les femelles sont le plus souvent plus grandes que les mâles.

Espèce Taille du corps Aspect Où la trouve-t-on ? Danger pour l’humain
Tégénaire domestique
Tegenaria domestica
Mâle 6 à 9 mm, femelle 7,5 à 11,5 mm Brun-jaune, pattes annelées de brun, abdomen gris clair à chevrons foncés Pièces fréquentées et sombres (chambre, salle à manger), toile en entonnoir Inoffensive, aucune morsure documentée sur l’humain
Tégénaire des maisons, ou tégénaire noire
Eratigena atrica
Mâle 10 à 15 mm, femelle 12 à 18 mm Brunâtre, deux bandes claires sur le céphalothorax, pattes longues et sombres Coins humides, salles de bains, plus rarement garages, caves et greniers ; toile en nappe Sans danger pour l’humain, craintive
Tégénaire géante
Tegenaria duellica
Mâle 12 à 15 mm, femelle jusqu’à 18 mm Brune, parfois rougeâtre, pattes et abdomen poilus Souvent dans les maisons ; les mâles y errent en fin d’été et à l’automne Morsure rare, comparable à une piqûre d’épingle ; venin sans danger pour l’humain
Pholque phalangide
Pholcus phalangioides
Corps d’environ 7 mm (mâle) Pattes très longues, allure de faucheux Caves, coins des pièces, haut des fenêtres ; toile irrégulière, suspendue à l’envers Aucun danger pour l’humain
Zoropse à pattes épineuses, ou araignée Nosferatu
Zoropsis spinimana
10 à 19 mm Brune, motif de poils blancs sur le céphalothorax, abdomen brun à orangé, pattes longues et robustes Aucune toile : elle chasse la nuit et entre dans les maisons, plus douces et riches en proies Morsure possible, douleur modérée et passagère ; venin non toxique pour l’humain
Ségestrie florentine
Segestria florentina
Mâle jusqu’à 15 mm, femelle jusqu’à 22 mm Adulte entièrement noire, chélicères bien visibles aux reflets vert métallique à bronze Fissures des murs et des pierres, fentes des bâtiments ; toile en tube de soie Morsure rare : douleur et réaction locale de quelques jours
Théridion des serres
Parasteatoda tepidariorum
3,5 à 7,5 mm Brunâtre et tachetée, pattes annelées, abdomen plus haut que long Espaces chauffés artificiellement Aucun souci particulier
Fausse veuve noire
Steatoda nobilis
Mâle 7,8 à 10,6 mm, femelle 9,5 à 14 mm Abdomen brun et globuleux, marques crème évoquant un crâne, pattes rouge-orangé Dedans comme dehors ; originaire des Canaries et de Madère, signalée comme introduite en France Morsure possible, douleur parfois comparée à une piqûre de guêpe ; réactions plus sévères rares

Araignée noire, grosse ou petite : comment la reconnaître ?

Une grosse araignée noire dans la maison

Deux araignées correspondent à ce signalement. La ségestrie florentine est une grosse araignée entièrement noire à l’âge adulte (jusqu’à 22 mm pour la femelle), aux chélicères bien visibles et aux reflets vert métallique ou bronze ; elle tisse un tube de soie dans une fissure de mur, d’où partent des fils qui servent de pièges. La tégénaire des maisons, aussi appelée tégénaire noire, est plutôt brun sombre, avec deux bandes claires sur le céphalothorax et de longues pattes non annelées ; on la croise souvent dans les salles de bains et les pièces humides.

Une grosse araignée brune ou velue

La tégénaire géante (corps jusqu’à 18 mm, pattes et abdomen poilus) et le zoropse à pattes épineuses (10 à 19 mm, sans toile, avec un motif de poils blancs sur le céphalothorax) sont les plus impressionnants. Le zoropse, surnommé araignée Nosferatu, occupe aujourd’hui toute la France métropolitaine selon les fiches de référence. Une grosse araignée brune qui court au sol, sans toile, peut aussi être une araignée-loup.

Une araignée aux pattes très longues et fines

Si le corps est petit et les pattes démesurées, il s’agit presque sûrement d’une pholque phalangide. Elle reste suspendue à l’envers dans sa toile irrégulière, souvent dans les caves, les coins de pièces ou en haut des fenêtres. Quand elle est dérangée, elle vibre au bout de ses pattes et devient presque invisible. Elle ressemble à un faucheux, mais c’est bien une araignée.

Une petite araignée noire ou brune

Une petite araignée sombre dans un angle de pièce peut être un théridion, comme le théridion des serres (3,5 à 7,5 mm, tachetée, abdomen plus haut que long), ou des Steatoda, un genre courant dans les habitations. Les jeunes de toutes les espèces sont aussi minuscules et ressemblent à des adultes en miniature : une « minuscule araignée » n’est donc pas forcément une espèce à part.

Une araignée dans la maison est-elle dangereuse ?

Dans l’immense majorité des cas, non. Les auteurs d’une étude parue en 2022 dans Medical and Veterinary Entomology ont analysé 1 194 cas de morsures d’araignées signalés aux centres antipoison français entre 2007 et 2018. L’araignée n’a pu être identifiée que dans 29 % des cas et la morsure n’a été jugée prouvée que dans 20 % d’entre eux. Leur conclusion : les morsures d’araignées sont rares, de faible gravité et souvent non confirmées, et beaucoup d’éruptions cutanées leur sont attribuées à tort.

Quelques araignées méritent tout de même de la prudence. La fausse veuve noire (Steatoda nobilis) peut infliger une morsure douloureuse, parfois comparée à une piqûre de guêpe, avec des réactions plus sévères dans de rares cas. Les araignées violonistes du genre Loxosceles (par exemple Loxosceles rufescens, environ 7 mm, brune avec une tache en forme de violon) ont un venin qui peut provoquer des lésions cutanées. Dans l’étude française, les genres les plus souvent identifiés étaient Loxosceles (4,4 % des cas), Latrodectus (3,9 %) et Cheiracanthium (2,9 %).

Que faire en cas de morsure ?

  • Nettoyez la plaie, appliquez de la glace (dans un linge) pour soulager la douleur et surélevez le membre touché.
  • Vérifiez votre vaccination antitétanique.
  • Surveillez l’évolution les jours suivants : certains effets peuvent apparaître tardivement.
  • Consultez rapidement un médecin si la douleur se généralise, en cas de sueurs importantes, de crampes, de fièvre, de nausées ou d’éruption étendue, ou si la lésion s’aggrave. En cas de malaise, appelez le 15 ou le 112.

Beaucoup de lésions attribuées à une araignée ont en réalité une autre cause, comme une infection de la peau : un avis médical évite de passer à côté. Pour reconnaître les signes d’une piqûre, voir notre article sur la piqûre d’araignée. Ces informations ne remplacent pas un avis médical.

Pourquoi voit-on plus d’araignées à l’automne ?

De la fin de l’été à la fin de l’automne, les araignées atteignent leur maturité sexuelle. Les mâles quittent alors leur toile et errent, souvent dans les habitations, pour trouver une femelle. Une étude britannique menée sur 250 sites et environ 10 000 araignées a situé le pic d’apparition à la première semaine d’octobre, avec environ 80 % de mâles. Les femelles, plus sédentaires, restent dans leurs cachettes (caves, encadrements de portes).

Contrairement à une idée répandue, les araignées ne « se réfugient » pas dans les maisons chauffées à l’approche de l’hiver : elles y vivent toute l’année, mais restent discrètes. Ce que vous voyez en octobre, ce sont surtout des mâles en balade, plutôt que le signe d’une invasion.

Cocon, œufs, toiles : que faire ?

Un cocon est un sac de soie qui renferme les œufs ; selon l’espèce, il est posé dans la toile, caché dans une fissure ou gardé par la femelle (la pholque porte sa boule d’œufs dans ses chélicères). Un cocon isolé n’a rien d’alarmant, mais il peut contenir de nombreux œufs.

  • Retirez-le à l’aspirateur, avec un embout fin, plutôt que de l’écraser, puis fermez le sac et jetez-le à l’extérieur.
  • Dépoussiérez les toiles régulièrement dans les angles, sous les meubles et derrière les plinthes.
  • Inspectez caves, greniers, garages et dessous de meubles : plusieurs cocons ou des toiles qui se reconstituent signalent une population installée.

Des araignées, signe d’une maison saine ?

C’est une croyance populaire assez répandue, mais la présence d’araignées ne permet pas d’évaluer le niveau d’hygiène d’un logement : une maison très propre peut en accueillir, une maison moins bien entretenue peut en être dépourvue (Qualitel). Les araignées sont des prédatrices qui capturent mouches, moustiques et pucerons, et quelques-unes sont plutôt des alliées.

En revanche, une présence massive mérite qu’on cherche l’origine du problème : humidité, mauvaise ventilation, accès depuis l’extérieur ou accumulation d’insectes. Les cloportes sont un autre signal fréquent d’humidité.

Quand faut-il agir contre les araignées ?

Une araignée isolée ne justifie pas de traitement. Agir se justifie dans quatre cas : population importante (nombreux cocons, toiles qui se reconstituent), espèce à surveiller (fausse veuve noire, violoniste), local sensible (cuisine professionnelle, réserve) ou peur intense d’un occupant du logement.

Limiter la présence des araignées au quotidien

  • Aspirer régulièrement coins, plinthes, dessous de meubles, caves et greniers, puis vider le sac.
  • Colmater les entrées : fissures, joints de fenêtres, passages de câbles ; poser des moustiquaires et des bas de porte.
  • Réduire les proies : traitez les mouches, les moustiques ou les cafards qui attirent les araignées.
  • Désencombrer caves, garages et greniers (cartons posés au sol, tas de bois contre le mur).
  • Maîtriser l’humidité, qui favorise la tégénaire des maisons et les insectes dont elles se nourrissent.

Pour les méthodes mécaniques et naturelles, voir notre guide « Comment tuer une araignée ? », qui aborde aussi la question de savoir s’il faut vraiment le faire.

Quels produits anti-araignées choisir ?

Quand la prévention ne suffit pas, la catégorie produits anti-araignées réunit les solutions adaptées. Le bon produit dépend de la situation :

Précautions : utilisez les biocides avec précaution. Avant toute utilisation, lisez l’étiquette et les informations concernant le produit. Plusieurs insecticides de cette famille (pyréthrinoïdes, dont la perméthrine) sont dangereux pour les chats et pour la vie aquatique : écartez les animaux, protégez ou éloignez les aquariums, et respectez le délai de réentrée indiqué sur l’étiquette.

FAQ : vos questions sur les araignées dans la maison

Quelle est l’araignée la plus courante dans les maisons ?

Les tégénaires, surtout la tégénaire domestique et la tégénaire des maisons, comptent parmi les plus fréquentes en Europe, avec la pholque phalangide, une araignée typique des maisons reconnaissable à ses pattes très longues. Une vingtaine d’espèces sont courantes dans les habitations humaines.

Une grosse araignée noire dans la maison est-elle dangereuse ?

Rarement. Les grosses araignées sombres des maisons sont le plus souvent une tégénaire des maisons ou une ségestrie florentine. La première n’est pas connue pour mordre l’humain, la seconde ne mord que rarement et provoque une douleur et une réaction locale de quelques jours. Au moindre doute sur une morsure, consultez un médecin.

Pourquoi y a-t-il plus d’araignées dans la maison à l’automne ?

De la fin de l’été à la fin de l’automne, les araignées atteignent leur maturité sexuelle. Les mâles quittent leur toile et errent, souvent dans les habitations, pour trouver une femelle : on les voit donc davantage, sans qu’il y en ait forcément plus.

Les araignées de maison mordent-elles ?

Elles peuvent mordre si elles sont coincées ou pressées contre la peau, mais c’est rare. Une étude sur 1 194 cas déclarés aux centres antipoison français entre 2007 et 2018 conclut que les morsures sont rares, de faible gravité et souvent non confirmées : seuls 20 % des cas correspondaient à une morsure prouvée.

Que faire d’une araignée trouvée dans la maison ?

Si elle ne vous gêne pas, laissez-la : elle capture mouches et moustiques. Sinon, posez un verre dessus, glissez une feuille rigide dessous et relâchez-la dehors. Si vous en trouvez beaucoup, cherchez d’où elles viennent (entrées, humidité, proies) avant de penser à un traitement.

Que faire d’un cocon d’araignée ?

Un cocon est un sac de soie qui contient les œufs. Pour le retirer, aspirez-le avec un embout fin, puis fermez et jetez le sac de l’aspirateur à l’extérieur. Plusieurs cocons ou des toiles qui se reconstituent indiquent une population installée : inspectez caves, greniers et recoins.

Une maison avec des araignées est-elle une maison sale ?

Non. La présence d’araignées ne permet pas d’évaluer l’hygiène d’un logement : une maison très propre peut en abriter. En revanche, une présence massive peut révéler de l’humidité, une mauvaise ventilation, des entrées ou beaucoup d’insectes.

Comment éloigner durablement les araignées de la maison ?

Combinez aspirations régulières des recoins, colmatage des fissures et des joints, moustiquaires, réduction des proies (mouches, moustiques, cafards) et maîtrise de l’humidité. Si la population reste importante, un traitement insecticide adapté peut compléter ces gestes.

Conclusion

Une araignée dans la maison est presque toujours une visiteuse banale et utile. Identifiez-la avec le tableau ci-dessus, laissez-la ou relâchez-la dehors, et ne traitez que si la population s’installe. Si c’est le cas, retrouvez toutes nos solutions dans la catégorie anti-araignées.

Sources

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