Tout savoir sur le cloporte

Tout savoir sur le cloporte

Catégories : Insecte

TL;DR - Le cloporte n'est pas un insecte mais un crustacé terrestre (famille des isopodes), inoffensif pour l'homme : il ne pique pas, ne mord pas et ne transmet aucune maladie. Il recherche l'humidité et l'obscurité, ce qui explique sa présence dans les caves, sous les pierres ou près des fondations. Une prolifération importante à l'intérieur signale généralement un excès d'humidité plutôt qu'un problème lié à l'animal lui-même - la solution la plus efficace consiste donc à agir sur ce facteur, en complément d'un répulsif naturel comme la terre de diatomée.

Qu'est-ce qu'un cloporte ?

Le cloporte est un crustacé terrestre mesurant généralement entre 5 et 15 mm de long. Il possède une carapace segmentée et des antennes lui permettant de capter les variations de son environnement. Plusieurs espèces existent, mais les plus courantes dans nos régions sont :

  • Le cloporte commun (Porcellio scaber), qui se trouve fréquemment dans les jardins.

  • Le cloporte rugueux (Armadillidium vulgare), connu pour sa capacité à se rouler en boule en cas de danger.

  • Le cloporte de mer (Ligia oceanica), qui vit dans les zones côtières et humides.

À l'échelle mondiale, les isopodes terrestres regroupent plus de 10 000 espèces recensées - un groupe ancien, dont les premières traces fossiles remontent au Crétacé - dont seule une petite partie fréquente les habitations en France.

Cloporte, mille-pattes, gloméris : ne pas confondre

Le cloporte rugueux n'est pas le seul petit animal capable de se rouler en boule pour se protéger : le gloméris (Glomeris marginata, un mille-pattes de l'ordre des diplopodes) fait exactement la même chose, et les deux sont très souvent confondus.

Deux critères permettent de trancher rapidement :

  • Le nombre de pattes visibles par segment : le cloporte, comme tout crustacé isopode, porte une seule paire de pattes par segment (7 paires au total). Le gloméris, comme tout diplopode, en porte deux paires par segment - nettement plus de pattes au total pour une taille comparable.

  • La forme une fois enroulé : le cloporte forme une boule plus aplatie et irrégulière ; le gloméris forme une boule presque parfaitement sphérique et lisse.

En pratique, cette distinction n'a pas d'incidence sur le traitement : les deux recherchent l'humidité et se traitent par les mêmes mesures (contrôle de l'humidité, répulsifs naturels).

Où vivent les cloportes et pourquoi les trouve-t-on chez soi ?

Les cloportes recherchent des milieux humides et sombres pour survivre, car ils sont très sensibles à la sécheresse - contrairement aux insectes, leur carapace ne les protège pas efficacement contre la déshydratation. On les retrouve principalement :

  • Dans les jardins, sous les pierres, dans les tas de compost ou sous les écorces.

  • À proximité des habitations, près des fondations, sous les planchers ou dans les caves humides.

  • À l'intérieur des maisons, lorsque l'humidité est excessive, notamment dans les sous-sols et les garages.

Leur présence en grand nombre à l'intérieur est donc avant tout un indicateur d'humidité dans l'habitation, plus qu'un problème en soi.

Quel est le rôle du cloporte dans l'écosystème ?

Un recycleur de matière organique

Le cloporte se nourrit de feuilles mortes, d'écorces et de bois en décomposition. En les fragmentant, il accélère leur dégradation par les micro-organismes du sol, ce qui restitue plus rapidement les nutriments à la terre et améliore sa fertilité - un rôle particulièrement utile dans un jardin ou un compost.

Une proie pour la faune locale

Le cloporte constitue une source de nourriture pour plusieurs prédateurs communs des jardins français : oiseaux, araignées, et certains coléoptères carnivores. Sa présence en extérieur participe donc, indirectement, à l'équilibre de la petite faune du jardin.

Le cloporte est-il vraiment nuisible ?

Dans l'immense majorité des cas, non. Une invasion de cloportes dans un potager reste rare et ses effets sur les cultures sont mineurs comparés à ceux d'autres ravageurs - le cloporte s'attaque presque exclusivement aux matières déjà mortes ou en décomposition, rarement aux plantes en bonne santé. Le seul contexte où sa présence pose un vrai problème est l'intérieur du logement, où une population importante devient gênante sans pour autant présenter de risque sanitaire, le cloporte ne piquant pas, ne mordant pas et ne transmettant aucune maladie.

Comment limiter la présence des cloportes ?

Réduire l'humidité, le levier principal

Sans humidité, un cloporte ne survit pas longtemps en intérieur. Ventiler les pièces concernées, réparer les fuites d'eau et éviter les zones de stagnation reste la mesure la plus efficace sur la durée. Notre article sur la vrillette du bois détaille comment un déshumidificateur s'intègre dans une stratégie de prévention plus large.

Éloigner les sources de nourriture et d'abri

Retirer les tas de feuilles, de bois et de compost trop proches des murs de l'habitation limite les points de contact entre le jardin et l'intérieur.

Terre de diatomée et répulsifs naturels

Des plantes comme la lavande ou des huiles essentielles de cèdre peuvent dissuader leur présence en complément. Pour une action plus directe sur les zones de passage, la terre de diatomée agit par abrasion mécanique de la carapace plutôt que par toxicité chimique - un mode d'action qui fonctionne sur tout arthropode à carapace fine dépendant de l'humidité, cloporte compris.

TERRE DE DIATOMÉE BIOCINOV 500ML

Poudre minérale 100% naturelle (8,7% terre de diatomée non calcinée), sans produit chimique insecticide, fabriquée en France. À pulvériser en fine couche sur les zones de passage (plinthes, seuils, fissures). Vendue chez nous pour les punaises de lit, mais son action mécanique - et non toxique - s'applique à tout arthropode rampant à carapace fine.

Voir la Terre de Diatomée Biocinov – 14,90 €

Quand une invasion doit vraiment alerter

Un cloporte isolé ou une poignée d'individus en cave ne justifient aucune inquiétude particulière. En revanche, une population nombreuse et persistante à l'intérieur du logement - malgré ventilation et nettoyage - mérite d'être prise au sérieux : elle signale presque toujours un problème d'humidité sous-jacent (infiltration, remontée capillaire, fuite non détectée) ou, plus rarement, du bois en décomposition à proximité (solive, plinthe, cadre de porte). Dans ce cas, traiter uniquement les cloportes ne résout rien : c'est la source d'humidité elle-même qu'il faut identifier et corriger.

FAQ : vos questions sur les cloportes

Les cloportes sont-ils dangereux pour la santé ?

Non, les cloportes ne piquent pas, ne mordent pas et ne transmettent pas de maladies. Ils sont totalement inoffensifs pour l'homme.

Pourquoi y a-t-il des cloportes dans ma maison ?

Les cloportes recherchent des environnements humides. Une présence excessive peut être due à une mauvaise ventilation ou à des infiltrations d'eau.

Comment différencier un cloporte d'un insecte ?

Le cloporte est un crustacé, pas un insecte : il possède 7 paires de pattes (contre 3 chez les insectes) et une carapace segmentée rigide, alors que les insectes ont un exosquelette plus souple et 6 pattes.

Comment différencier un cloporte d'un gloméris (mille-pattes) ?

Les deux se roulent en boule, mais le cloporte porte une seule paire de pattes par segment (7 paires au total) alors que le gloméris, un mille-pattes, en porte deux paires par segment. Une fois enroulé, le cloporte forme une boule plus aplatie, le gloméris une boule presque parfaitement sphérique.

Existe-t-il des moyens naturels pour éloigner les cloportes ?

Oui, l'utilisation de terre de diatomée ou de répulsifs à base de plantes (lavande, huiles essentielles de cèdre) est efficace pour les dissuader d'entrer dans les maisons, en complément du contrôle de l'humidité.

deux petits cloportes sur du bois


Sources utiles

Partager ce contenu

Ajouter un commentaire