TL;DR - 5 points essentiels
Le loir (Glis glis) est un petit mammifère rongeur gris argenté à queue touffue, actif uniquement la nuit de mai à septembre.
Son statut légal : le loir gris n'est pas protégé par la législation nationale française, mais il est inscrit à l'Annexe III de la Convention de Berne, qui encadre son exploitation. Sa destruction sans motif reste déconseillée et la capture-relâcher est la méthode privilégiée.
Signes d'infestation : bruits nocturnes de galops et grattements, crottes allongées regroupées en latrines, nids de feuilles et mousse dans l'isolant, odeur musquée persistante.
Dégâts réels : dégradation de l'isolant thermique, risque incendie par morsure des câbles électriques, obstruction des conduits de VMC, contamination des surfaces par les fèces et urines.
Solutions légales : capture vivante par nasse, relâcher à plus de 5 km, répulsifs et ultrasons en complément, puis colmatage systématique des points d'entrée.
Qu'est-ce que le loir ?
Le loir gris (Glis glis), aussi appelé loir commun ou loir vulgaire, est un mammifère de l'ordre des Rodentia, famille des Gliridae. C'est le plus grand représentant de cette famille en Europe.
Contrairement à une idée reçue, il s'agit bien d'un rongeur au sens taxonomique - et non d'un écureuil, même si sa morphologie y fait penser.
Morphologie
Le loir gris mesure 14 à 20 cm de la tête à la base de la queue, avec une queue touffue de 11 à 19 cm supplémentaires. Son poids varie de 80 à 250 g en dehors de la période d'engraissement automnale, où il peut atteindre 300 à 400 g avant l'hibernation.
Son pelage est gris argenté sur le dessus, blanc cassé ou gris clair sur le ventre. Les yeux sont noirs, grands et saillants, entourés d'un léger liseré sombre - adaptation à son mode de vie strictement nocturne. La queue est dense et touffue, presque aussi longue que le corps.
Ne pas confondre avec le lérot
Le lérot (Eliomys quercinus) est souvent confondu avec le loir. Les deux appartiennent à la famille des Gliridae et fréquentent les mêmes greniers.
Différences clés :
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Le lérot porte un masque noir bien marqué autour des yeux, caractéristique absente chez le loir gris.
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Le lérot est légèrement plus petit et sa queue présente une extrémité élargie bicolore.
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Le lérot est, lui, protégé par l'arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés en France - sa destruction est donc strictement interdite.
Pour une description complète de chaque espèce, consultez notre fiche complète sur le loir et notre fiche dédiée au lérot.
Hibernation et cycle de vie
Le loir hiberne environ 7 mois, généralement d'octobre à avril-mai selon les conditions climatiques locales. C'est l'un des mammifères qui hiberne le plus longtemps en Europe.
Pendant cette période, il est totalement absent du grenier - ou présent mais totalement silencieux dans un recoin isolé.
Il est actif de mai à septembre, exclusivement la nuit. Son régime est essentiellement végétal (fruits, noisettes, faînes, baies, bourgeons) mais il consomme aussi des œufs d'oiseaux et des insectes au printemps.
Son habitat naturel : forêts de feuillus, vergers, haies. Il s'installe dans les greniers, combles et toitures des maisons proches de zones boisées - souvent des maisons anciennes, résidences secondaires ou propriétés rurales.
Comment savoir si c'est un loir dans votre grenier ?
Les bruits caractéristiques
Le premier signe est sonore : des bruits nocturnes inexpliqués dans les combles, débutant à la tombée de la nuit et cessant avant l'aube.
Le loir produit des galops rapides et saccadés, des grattements, des bruits de mastication et parfois des couinements aigus. Ses déplacements sont plus rapides et plus légers que ceux d'un rat, mais nettement plus intenses que ceux d'une souris.
Calendrier : les bruits apparaissent de mai à septembre. Aucun bruit en hiver ne signifie que l'animal est en hibernation - pas qu'il est parti.
Les autres signes
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Crottes : petites, allongées (8 à 10 mm), de couleur brun foncé, souvent regroupées en latrines dans les angles ou le long des poutres. Elles ressemblent à celles d'une souris mais sont légèrement plus grosses. Notre article sur la crotte de loir au jardin détaille comment la distinguer de celle d'autres rongeurs.
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Traces de morsures : marques de dents sur les gaines de câbles électriques, les conduits de VMC, les poutres en bois, les tuyaux de mousse isolante.
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Nids : boules compactes de feuilles sèches, mousse, herbes et parfois laine de verre mâchée, dissimulées dans les recoins, sous l'isolant ou dans les cavités de charpente.
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Odeur musquée : caractéristique et persistante, surtout en été lors des fortes chaleurs. Particulièrement intense si un individu est mort dans un endroit inaccessible.
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Restes alimentaires : noyaux de fruits rongés, coquilles de noisettes ou de noix émiettées, parfois accumulés en petits dépôts.
Quels dégâts cause le loir dans un grenier ?
Le loir est souvent sous-estimé comme animal nuisible. Ses dégâts sont réels et peuvent devenir coûteux s'ils ne sont pas traités rapidement.
Dégâts aux matériaux
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Isolant thermique : le loir creuse, compacte et déplace l'isolant (laine de verre, laine de roche, ouate de cellulose) pour construire ses nids. La perte de performance thermique peut être significative sur une surface de plusieurs mètres carrés.
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Câbles électriques : c'est le risque le plus grave. Le loir ronge les gaines et les câbles pour user ses incisives. Des câbles dénudés dans un grenier constituent un risque incendie réel.
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Bois de charpente : des marques de morsures sont fréquentes sur les poutres et les solives. Les dégâts structurels restent rares sur du bois sain, mais ils peuvent fragiliser des éléments déjà altérés.
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Conduits de ventilation et VMC : les nids construits dans ou à proximité des conduits peuvent provoquer des obstructions, réduire l'efficacité de la ventilation et créer des zones humides propices aux moisissures.
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Toit : l'animal peut déplacer des tuiles, s'introduire par les chatières ou les jonctions de toiture, et endommager les sous-toitures en feutre bitumé.
Risques sanitaires
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Fèces et urines : les déjections du loir contaminent l'isolant et les surfaces. Bien que le loir gris ne soit pas le réservoir principal du hantavirus en France (ce rôle est tenu par les campagnols), tout grenier présentant des traces de rongeurs doit être considéré comme potentiellement à risque. Selon Santé publique France, la contamination humaine par hantavirus se fait par inhalation de poussières contaminées par les excrétas de rongeurs infectés - notamment lors du nettoyage de locaux longtemps fermés.
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Leptospirose : transmise par contact avec l'urine d'animaux porteurs, elle reste un risque à prendre en compte lors de toute intervention dans un grenier contaminé.
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Puces et tiques : le loir peut introduire des ectoparasites dans le grenier, qui peuvent ensuite coloniser les espaces de vie.
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Odeur persistante : en cas de mort d'un individu dans un endroit inaccessible, l'odeur peut persister plusieurs semaines.

Le loir est-il protégé en France ?
La question revient systématiquement : peut-on tuer un loir dans son grenier ?
Le loir gris (Glis glis) n'est pas inscrit sur la liste des mammifères terrestres protégés en France fixée par l'arrêté du 23 avril 2007. L'INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel) le signale comme espèce non réglementée au niveau national.
En revanche, il est inscrit à l'Annexe III de la Convention de Berne, qui encadre son exploitation et recommande de ne pas compromettre la conservation de ses populations.
Ce que cela signifie en pratique :
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La destruction du loir gris n'est pas formellement interdite par la loi française, mais elle n'est pas non plus recommandée.
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La capture vivante suivie d'un relâcher reste la méthode la plus adaptée, la plus efficace à long terme et la moins susceptible de poser des problèmes légaux ou éthiques.
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L'utilisation de poisons rodenticides est déconseillée : risque d'empoisonnement secondaire pour les rapaces et autres prédateurs, et inefficacité à long terme sans colmatage des entrées.
Attention : le lérot (Eliomys quercinus), souvent confondu avec le loir, bénéficie lui d'une protection nationale stricte en vertu de l'arrêté du 23 avril 2007. Sa destruction, capture ou perturbation intentionnelle est interdite. En cas de doute sur l'espèce présente, privilégiez systématiquement la capture vivante.
Comment se débarrasser d'un loir dans le grenier ?
L'objectif est d'éloigner les loirs et d'empêcher leur retour - pas de les éliminer. La méthode en trois étapes : capturer, relâcher loin, colmater.
Étape 1 - Capture vivante par nasse
La nasse à capture vivante est la méthode la plus adaptée pour se débarrasser d'un loir. Elle permet de capturer l'animal sans le blesser, conformément aux bonnes pratiques.
Mise en place :
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Poser la nasse le soir, dans les zones de passage identifiées : le long des murs, près des nids, sur les poutres de charpente.
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Appâter avec des noix, noisettes, pommes ou beurre de cacahuète - des aliments naturellement attractifs pour le loir.
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Vérifier le piège chaque matin sans exception. Un animal capturé ne doit pas rester enfermé plus de quelques heures.
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Relâcher l'animal à plus de 5 km de la maison, en zone boisée, avant le lever du soleil.
Une nasse de 40 cm est adaptée aux Gliridae. Plusieurs individus pouvant cohabiter dans un même grenier, il est conseillé de poser deux à trois nasses simultanément.
Étape 2 - Répulsifs et dissuasion
Les répulsifs et ultrasons constituent un complément utile, notamment pour accélérer le départ des animaux encore présents ou pour protéger un grenier déjà colmaté.
Répulsifs olfactifs : huile de menthe poivrée, camphre, produits répulsifs professionnels à base de substances actives. Efficacité limitée seule, mais utile en association avec d'autres méthodes.
Ultrasons : des appareils spécifiquement conçus pour les loirs et lérots émettent des fréquences perturbant les animaux sans les blesser. Leur efficacité dépend de la configuration du grenier - les ondes ne traversent pas les murs ni les objets volumineux. Prévoir un appareil par zone distincte.
GAMME ANTI LÉROTS ET LOIRS
Nasses de capture, ultrasons Garden Protector et produits de colmatage : tout le nécessaire pour capturer, dissuader et prévenir le retour des loirs et lérots.
Étape 3 - Colmatage des points d'entrée (indispensable)
C'est l'étape la plus importante. Sans colmatage, les loirs reviendront la saison suivante - parfois dès le printemps suivant, au même endroit.
Le loir peut s'introduire par des ouvertures de 3 à 4 cm seulement.
Points à inspecter et colmater :
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Tuiles décalées, cassées ou mal posées
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Chatières mal jointées ou non grillagées
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Jonctions mur/toiture (solin, noue)
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Conduits de ventilation et sorties de VMC non protégés
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Fissures en pignon ou en façade haute
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Espaces entre les chevrons et la sous-toiture
Matériaux recommandés :
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Grillage à mailles fines (≤ 1 cm) agrafé ou vissé sur les ouvertures
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Laine d'acier anti-rongeurs compressée dans les fissures (les rongeurs ne peuvent pas la ronger)
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Mastic de rebouchage anti-rongeurs pour les fissures maçonnées
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Mortier pour les fissures importantes
Timing : colmater en octobre-novembre, quand les loirs sont en hibernation, pour ne pas risquer de piéger des individus à l'intérieur. Ou après confirmation que tous les animaux ont été capturés et relâchés.
Nettoyage et décontamination du grenier
Après le départ des loirs, le grenier doit être assaini avant toute réutilisation.
Équipement obligatoire : masque FFP2, gants nitrile, combinaison jetable.
Protocole :
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Aérer le grenier pendant au moins 30 minutes avant d'intervenir.
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Ne pas balayer à sec - humidifier les surfaces contaminées avec un désinfectant virucide dilué avant de les nettoyer.
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Retirer et remplacer l'isolant contaminé ou fortement dégradé.
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Désinfecter les surfaces avec un désinfectant virucide adapté.
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Éliminer les déchets en sacs fermés.
En cas de grenier fortement contaminé ou si une présence de hantavirus est suspectée (zone nord-est de la France, notamment), faire appel à un professionnel de la désinfection.
Sur le même sujet
- Le lérot : comment identifier et s'en débarrasser - l'espèce protégée avec laquelle le loir est le plus souvent confondu.
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FAQ - Loir dans le grenier
Le loir est-il protégé en France - peut-on le tuer ?
Le loir gris (Glis glis) n'est pas inscrit sur la liste nationale des mammifères protégés (arrêté du 23 avril 2007). Sa destruction n'est pas formellement interdite par la loi française. Il est cependant inscrit à l'Annexe III de la Convention de Berne, qui recommande de ne pas compromettre ses populations. La capture vivante suivie d'un relâcher reste la méthode recommandée - et la plus efficace à long terme.
Comment différencier un loir d'un lérot ?
Le critère le plus simple : le lérot porte un masque noir bien visible autour des yeux, absent chez le loir gris. Le lérot est aussi légèrement plus petit et sa queue présente une extrémité élargie bicolore. Le loir gris est uniformément gris argenté, sans masque facial. Attention : le lérot est protégé par la loi française - sa destruction est interdite.
Pourquoi entend-on le loir uniquement la nuit ?
Le loir est un animal strictement nocturne. Ses yeux grands et saillants sont adaptés à la vision nocturne. Il sort de son gîte à la tombée de la nuit pour se nourrir et se déplace jusqu'à l'aube. Aucun bruit en journée ne signifie pas que le grenier est vide - le loir dort dans son nid pendant toute la journée.
Le loir revient-il chaque année au même endroit ?
Oui. Le loir est fidèle à son site de gîte. S'il trouve un grenier chaud, bien isolé et proche de sources de nourriture, il y reviendra chaque printemps après l'hibernation - tant que les points d'entrée ne sont pas colmatés. C'est pourquoi le colmatage est l'étape indispensable après toute capture.
Combien de loirs peuvent s'installer dans un grenier ?
Le loir peut se déplacer en groupe, et une femelle produit 1 à 2 portées par an de 2 à 10 petits. Un grenier peut donc accueillir plusieurs individus simultanément. Les bruits intenses et répétés, les multiples latrines et la présence de plusieurs nids distincts sont des indicateurs d'une infestation à plusieurs individus. Poser deux à trois nasses simultanément est conseillé dès que l'infestation semble importante.
Sources utiles
- Santé publique France - Hantavirus : la maladie, prévention et recommandations
- LPO - Fiche espèce Loir gris (Glis glis) : description, habitat, statut
- INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel) - Fiche Glis glis, statuts réglementaires
- Légifrance - Arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés