Cancrelat : identification, dangers et traitement

Cancrelat : identification, dangers et traitement

Catégories : Cafard et Blatte , Insecte

TL;DR - Cancrelat est un synonyme exact de cafard et de blatte (ordre Blattodea) - une question de vocabulaire, pas d'espèce différente. L'insecte est nocturne, omnivore, et capable de se glisser dans des fissures de quelques millimètres. Il représente un double risque : vecteur mécanique de bactéries pathogènes (Salmonella, E. coli, Listeria) et allergène reconnu, notamment chez les enfants. Un traitement rapide dès les premiers signes reste la meilleure protection - le gel appât ciblant la colonie est la méthode de référence.

Pour la méthode de traitement complète, notre guide pour se débarrasser des cafards couvre l'ensemble de la démarche pas à pas. Cet article se concentre sur ce qui est propre au terme « cancrelat » : d'où il vient, ce qu'il désigne exactement, et ce qui distingue les espèces qu'on regroupe sous ce nom.


Qu'est-ce qu'un cancrelat ?

Étymologie et synonymes

Le terme cancrelat est emprunté au néerlandais kakkerlak, avec une influence formelle du mot français cancre. Il désigne exactement le même insecte que le cafard, la blatte, la coquerelle (terme courant au Québec et dans certaines régions d'Afrique francophone) et le ravet (appellation antillaise). Ces cinq mots sont interchangeables en français ; le choix entre eux relève de la géographie ou du registre de langue, non d'une distinction biologique.

Le Larousse définit le cancrelat comme « nom usuel des blattes. Synonyme : cafard. »

Classification : ordre Blattodea, famille Blattidae

Le cancrelat insecte appartient à l'ordre des Blattodea, qui regroupe également les termites. Les espèces d'intérêt sanitaire relèvent principalement de deux familles :

  • Blattidae : blatte orientale (Blatta orientalis), blatte américaine (Periplaneta americana).

  • Blattellidae : blatte germanique (Blattella germanica), blatte rayée (Supella longipalpa).

Selon l'INRAE, l'ordre Blattodea compte environ 4 600 espèces dans le monde, dont seulement 23 sont présentes en France, et 7 d'entre elles peuvent infester les habitations.

Répartition mondiale et présence en France

Les blattes domiciliaires sont des insectes essentiellement tropicaux devenus cosmopolites grâce aux échanges commerciaux et aux transports. En France métropolitaine, les espèces les plus fréquemment rencontrées dans les logements, les restaurants et les établissements de santé sont la blatte germanique et la blatte orientale. La blatte américaine est davantage associée aux réseaux d'égouts et aux locaux techniques chauffés.


Comment identifier un cancrelat ?

Morphologie générale

Le cancrelat présente un plan corporel caractéristique, commun à toutes les espèces domiciliaires :

  • Corps aplati et ovale : permet de se glisser dans des fissures de quelques millimètres.

  • Longues antennes filiformes : pouvant compter jusqu'à 100 articles, elles servent à détecter les odeurs et les vibrations.

  • Pattes épineuses : six pattes robustes, adaptées à la course rapide sur toutes surfaces, y compris verticales.

  • Pronotum large : bouclier chitineux couvrant la tête vue de dessus.

  • Ailes : présentes chez la plupart des espèces adultes, mais rarement utilisées pour le vol en contexte domestique.

  • Taille : de 9 à 25 mm selon l'espèce (données INRAE).

Les principales espèces en France

Espèce

Nom scientifique

Taille adulte

Couleur

Habitat préféré

Signe distinctif

Blatte germanique

Blattella germanica

10–15 mm

Brun clair

Cuisines, salles d'eau

Deux bandes sombres sur le pronotum

Blatte orientale

Blatta orientalis

20–27 mm

Brun très foncé à noir

Caves, sous-sols, canalisations

Aspect brillant, ailes courtes chez la femelle

Blatte américaine

Periplaneta americana

28–44 mm

Brun rougeâtre

Égouts, locaux techniques chauffés

Tache jaunâtre en bordure du pronotum

Blatte rayée

Supella longipalpa

10–14 mm

Brun clair

Meubles, appareils électroniques

Bandes claires transversales sur l'abdomen

La blatte germanique est l'espèce la plus problématique en milieu urbain français en raison de sa forte prolificité et de sa résistance croissante à certains insecticides.

Signes de présence d'une infestation

Une infestation de cancrelats se détecte rarement par observation directe, l'insecte étant strictement nocturne. Les indices à rechercher sont :

  • Crottes : petits points ou bâtonnets noirs de 1 à 2 mm, concentrés dans les angles, derrière les plinthes et sous les appareils électroménagers.

  • Odeur musquée caractéristique : émanation huileuse et persistante, perceptible dans les zones fortement infestées.

  • Mues (exuvies) : peaux translucides abandonnées lors des stades nymphaux successifs - un phénomène qu'on détaille dans notre article sur le cafard blanc.

  • Œufs (oothèques) : capsules brunes allongées de 6 à 12 mm contenant de 14 à 48 œufs selon l'espèce ; déposées dans les recoins obscurs.

  • Activité nocturne : observation d'individus à la lumière soudaine, signe d'une population déjà dense.


Pourquoi les cancrelats sont-ils dangereux ?

Risques sanitaires

Le cancrelat danger pour la santé publique est reconnu par les autorités sanitaires françaises et internationales. L'insecte est qualifié de vecteur mécanique : il transporte des agents pathogènes sur son corps, dans ses pattes et dans son tube digestif, puis les dépose sur les aliments et les surfaces de contact.

Agents pathogènes associés :

  • Bactéries : Salmonella spp. (salmonellose), Escherichia coli (gastro-entérite), Listeria monocytogenes, agents de dysenterie bactérienne.

  • Protozoaires : amibes (Entamoeba histolytica), responsables de dysenteries amœbiennes.

  • Autres : certaines espèces de champignons et d'helminthes ont également été isolées sur des spécimens capturés en milieu domestique.

Selon l'INRAE, les blattes « peuvent transporter des organismes pathogènes (amibes, bactéries) à l'origine de salmonelloses ou de dysenteries ». La contamination s'effectue par contact direct avec les aliments, les ustensiles ou les plans de travail.

Allergènes respiratoires :

Les déjections, les mues et les débris corporels de cancrelats constituent des allergènes majeurs. Leur inhalation est associée à des crises d'asthme (particulièrement chez les enfants vivant en milieu urbain dense), des rhinites allergiques chroniques, et des dermatites de contact chez les personnes sensibilisées. Ce risque allergique est indépendant de la présence d'insectes vivants : les particules résiduelles persistent dans la poussière longtemps après un traitement.

⚠️ Alerte ANSES

L'Agence nationale de sécurité sanitaire rappelle que l'utilisation de produits insecticides non homologués en France (notamment le SNIPER 1000 EC DDVP® contenant du dichlorvos, interdit depuis 2013) expose à des risques graves d'intoxication - symptômes respiratoires, neurologiques et cutanés. Entre janvier 2018 et juin 2023, 163 cas d'intoxications ont été recensés en lien avec ce seul produit. Seuls des biocides homologués doivent être utilisés. Source : anses.fr

Dégâts matériels

Au-delà du risque sanitaire, l'insecte cause des dégâts matériels significatifs : contamination et consommation des denrées alimentaires, perforation des emballages (cartons, sachets, boîtes entamées), ingestion de la colle et du papier - un comportement documenté par l'INRAE - et grignotage des gaines de câbles électriques, pouvant provoquer des courts-circuits.

Un couple de blattes germaniques peut engendrer jusqu'à 100 000 descendants en un an (INRAE), ce qui rend la progression d'une infestation très rapide en l'absence d'intervention.

cancrelat dans la cuisine


Comment se débarrasser des cancrelats ?

La méthode et les précautions sont exactement les mêmes que pour tout cafard ou blatte, quel que soit le nom qu'on lui donne : notre guide complet pour se débarrasser des cafards détaille pas à pas le protocole complet (gel appât, insecticide rémanent, fumigène, prévention, quand appeler un professionnel).

En résumé : le gel appât reste la méthode de référence, avec un effet domino qui contamine la colonie au-delà des seuls individus qui le consomment directement, sans évacuation des locaux ni contamination des surfaces.

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Pour les infestations avancées, récidivantes, ou en local professionnel (restauration, hôtellerie, établissement de santé), le recours à un opérateur certifié Certibiocide reste recommandé : réglementation, traçabilité et produits à usage réservé s'appliquent dans ces contextes.


Cancrelat vs cafard : quelle différence ?

Aucune. Cancrelat et cafard désignent exactement le même insecte. Il s'agit de deux termes synonymes pour nommer les blattes domiciliaires (ordre Blattodea). Le mot blatte cancrelat est une formulation redondante mais courante dans les documents techniques.

En pratique :

  • Cafard : terme le plus courant en France métropolitaine.

  • Cancrelat : terme plus littéraire ou régional, également utilisé dans certains documents scientifiques et réglementaires.

  • Blatte : terme scientifique et professionnel.

  • Coquerelle : terme québécois et africain francophone.

  • Ravet : terme antillais.

La différence est uniquement lexicale. La biologie, les risques sanitaires et les méthodes de traitement sont identiques quelle que soit l'appellation retenue.


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FAQ

Qu'est-ce qu'un cancrelat ?

Le cancrelat est un insecte de l'ordre des Blattodea, synonyme exact de cafard et de blatte. Il se caractérise par un corps aplati ovale, de longues antennes et des pattes épineuses. Nocturne et omnivore, il infeste les cuisines, les caves et les locaux chauds et humides. En France, les espèces les plus fréquentes sont la blatte germanique, la blatte orientale et la blatte américaine.

Le cancrelat est-il dangereux pour la santé ?

Oui, à double titre : il transporte mécaniquement des bactéries pathogènes (Salmonella, E. coli, Listeria) et des protozoaires susceptibles de contaminer les aliments et les surfaces ; et ses déjections et mues constituent des allergènes reconnus, associés à l'asthme et aux rhinites allergiques, en particulier chez les enfants.

Comment savoir si j'ai des cancrelats chez moi ?

Les signes d'une infestation sont : présence de petites crottes noires dans les angles et derrière les appareils électroménagers, odeur musquée persistante, mues translucides (exuvies), oothèques (capsules d'œufs brunes) dans les recoins obscurs, et observation d'insectes à la lumière soudaine en pleine nuit. La présence diurne d'individus indique une infestation déjà importante.

Quelle est la différence entre un cancrelat et un cafard ?

Il n'y en a aucune. Cancrelat, cafard et blatte sont trois mots pour désigner le même insecte. Le choix du terme dépend du registre de langue et de la région géographique. En France métropolitaine, « cafard » est le plus courant ; « cancrelat » est plus littéraire ; « blatte » est le terme technique privilégié par les professionnels de la désinsectisation.

Comment éliminer les cancrelats rapidement ?

La méthode la plus rapide en milieu domestique est le gel appât insecticide placé en petits points dans les zones de transit (angles, joints, recoins) : il agit sans évacuation des locaux et produit un effet domino sur toute la colonie. En cas d'infestation avancée ou récidivante, le recours à un professionnel certifié Certibiocide est recommandé.


Sources utiles

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